Une alimentation raisonnée.
La compréhension actuelle orientée vers une Diète comportant des interdictions et des restrictions se doit d'être reléguée au second plan. Car mal ressentie, elle aboutit à un déséquilibre et finalement à l'effet inverse : le surpoids et l'Obésité.
" Je vois bien que la crainte nous conduit à combattre la maladie par le régime et les remèdes ; mais quel régime et quels remèdes nous guériront de craindre ? "
ALAIN, Propos 5 mars 1922 Fin des Oracles
La science médicale nous a révélé que l'évolution de l'humanité vers l'Obésité (2 milliards de personnes en surpoids et obèses dans le monde) est due à une inadaptation génétique à notre environnement actuel.
LES MÉCANISMES.
1- L'HYPOGLYCÉMIE
Nous possédons dans le cerveau, au niveau de l'hypothalamus, des récepteurs à la variation du taux de glucose de l'organisme. Une sorte de mesure permanente de notre état énergétique médiat.
Si ceux-ci sont stimulés trop souvent dans le temps en général, et au cours de la journée en particulier, ils finissent par déclencher des processus d'adaptation génétique afin de rétablir l'équilibre :
Il se produit une activation au niveau des tissus intervenant dans le métabolisme énergétique.
1-Les cellules du tissu adipeux : les adipocytes.
2-Les cellules des organes de la digestion et en particulier les cellules de l'estomac, de l'intestin, du foie et du pancréas.
Lorsque les hypoglycémies deviennent trop prolongées ou trop fréquentes, ces récepteurs déclenchent :
Au niveau de la cellule graisseuse :
La formation d'enzymes qui ralentissent la mobilisation des graisses.
La formation d'hormones qui vont transformer les cellules musculaires voisines en source d'énergie.
Et plus encore, la transformation de certaines cellules musculaires en cellules graisseuses (ce qui accentue la masse tissu adipeux, la première visualisation de ce phénomène en est la cellulite).
Au niveau des cellules impliquées dans les processus de la digestion :
La formation d'enzymes qui vont transformer la quasi-totalité des aliments ingérés sous forme de graisses qui pourront alors être stockées, afin de retarder l'apparition de la prochaine hypoglycémie.
2- LA SÉCRÉTION D'INSULINE
'Insuline a une activité antilipolytique (voir les conférences).
En d'autres termes, l'insuline peut provoquer, à partir d'un certain taux, un blocage de l'hormone qui permet aux graisses de sortir de la cellule graisseuse.
Ces mécanismes, simplement décrits et qui relèvent d'une interprétation de nombreuses recherches menées par l'INSERM, le CNRS et bien d'autres organismes scientifiques, traduisent bien une adaptation à un monde hostile dans lequel se nourrir était un combat.
AUJOURD'HUI.
Nous avons survécu dans ce monde de danger et de pénurie pendant plus d'un million d'années.
Et depuis la fin de la 2° guerre mondiale nous avons créé la surabondance et la diversité alimentaire.
Si la génétique n'a que très peu évolué depuis notre origine, notre environnement lui a radicalement changé :
La surabondance a remplacé la pénurie !
La suralimentation a remplacée la disette !
Les deux causes de la surcharge pondérale.
1- Tel quelqu'un qui chercherait à traverser un désert en ne possédant qu'une seule gourde d'eau, notre organisme continue à vouloir déclencher les mécanismes d'épargne décrits plus haut dès qu'il détecte un manque d'énergie (c'est-à-dire des hypoglycémies trop fréquentes ou trop prolongées).
Le paradoxe est qu'aujourd'hui c'est notre mode alimentaire qui déclenche ces hypoglycémies.
2- Tel l'homme originel, qui pour survivre plus longtemps dans un environnement où la nourriture est rare, conserve son énergie dès qu'il en trouve.
Les prises alimentaires de l'homme moderne, quelles que soient leurs importances, le feront grossir par accumulation….si elles sont trop rapprochées.
1- LES HYPOGLYCÉMIES.
LE SUCRE ET SES DÉRIVÉS
L'absorption de sucre provoque successivement une hyperglycémie, un apport formidable d'énergie immédiatement disponible, suivie d'une hyper insulinémie, (hormone qui permet de distribuer cette énergie immédiatement disponible à toutes les cellules de l'organisme).
Peut être sommes nous trop excessifs, toujours est il que, nous en distribuons tellement que nous nous retrouvons ensuite en hypoglycémie certes transitoire et modérée, vite corrigée, mais parfois suffisante pour stimuler nos récepteurs qui vont alors déclencher le processus génétique d'adaptation à un manque d'énergie.
LES RÉGIMES RESTRICTIFS.
Les régimes actuels dans la majorité des cas s'appuient sur une diminution rapide et sévère de l'apport énergétique.
Ils déclencheront alors un déséquilibre brutal du métabolisme énergétique.
Les hypoglycémies répétées au cours du régime provoqueront alors une sensibilisation des récepteurs qui favoriseront l'augmentation du nombre de cellules graisseuses.
Lors de la reprise d'une alimentation normale riche en sucres et en graisses ce nouveau tissu adipeux se remplira vite de graisses.
C'est le YOYO qui aboutit à la cellulite, la surcharge pondérale et à l'obésité.
LE RYTHME ALIMENTAIRE.
Les repas sautés entrainent une stimulation périodique des récepteurs, surtout si ce fait est régulier et récurrent, comme c'est souvent le cas pour le petit déjeuner de la semaine.
LES MEDICAMENTS.
Tous les médicaments possèdent des effets indésirables que l'industrie pharmaceutique essaye de réduire à leur plus simple expression.
Certains médicaments ont malheureusement pour effet indésirable de favoriser la stimulation des récepteurs hypothalamiques soit directement, soit indirectement par le biais de l'hypoglycémie.
2- LES SÉCRÉTIONS D'INSULINE TROP FRÉQUENTES.
Notre immanence à la survie, la facilité à trouver de la nourriture, la présence de sucre dans la quasi-totalité des aliments, et notre attirance naturelle envers ce goût créent des automatismes de grignotages qui ralentissent l'élimination des graisses au détriment de leur stockage.
CONCLUSION
En l'état, l'évolution vers l'obésité est inéluctable.
Il faut repenser notre alimentation en fonction de notre nouvel environnement.
Et nous devons répondre au paradoxe nutri-génétique du 21°siècle par un autre paradoxe :
Espacer les prises alimentaires tout en gardant une glycémie inter-prandiale la plus proche de équilibre physiologique.
Docteur Gilles DEMARQUE