Différence entre Allergie et Intolérance au lait


 

 

 

Il existe une différence fondamentale entre allergie et intolérance au lait de vache

 

  

Introduction

 

En 1906, un chercheur pédiatre autrichien, Clemens von Pirquet, forge le mot allergie en associant le préfixe allos et le suffixe ergon (respectivement autre et action, en grec). Il y désigne « une altération de la capacité de l'organisme de réagir à une substance étrangère»). Alors qu'un allergène est inoffensif pour le plus grand nombre, il génère une réaction allergique s'il pénètre dans le corps de ceux qui activent, contre lui, certains anticorps et des cellules spéciales du système immunitaire. Les désensibilisations tentent d'habituer l'hypersensible à supporter des doses croissantes de la cause sensibilisante, pour éviter que son organisme ne réagisse aussi mal à une agression qui devrait rester inoffensive pour lui. Les désensibilisations sublinguales ou digestives aux allergènes présentent moins de risque de choc et semblent plus efficaces que les injections. Extrait d’un Article écrit par le Dr Bernard ROSA

 

 

Allergie, intolérance quand le lait devient vache, deux pathologies distinctes dont les chemins se croisent parfois.

 

Défendu avec ardeur par les uns, décrié par les autres, le lait de vache est fréquemment accusé d'être à l'origine de maux divers. Les notions d'allergie, d'intolérance transitoire ou durable sont souvent évoquées : Comment les différencier ?  

 

En théorie, les allergies alimentaires peuvent concerner tous les aliments mais dans la pratique, on observe qu'environ une vingtaine d'entre eux est le plus souvent en cause. En tête de liste, on trouve l'œuf, les poissons de mer, les cacahuètes ou arachides et le lait de vache. C'est à ce dernier que nous nous intéresserons car si l'allergie au lait est désormais assez bien connue du public, les idées les plus diverses continuent de circuler sur les produits laitiers et leurs effets bénéfiques ou néfastes au point que le sujet est en passe de devenir tabou. Petit état des lieux.

 

 

Allergie et intolérance : des mécanismes différents

 

L'allergie, processus qui met en jeu le système immunitaire et qui se déclenche chez des sujets préalablement sensibilisés par l'allergène, est en réalité contenue dans l'intolérance dont elle n'est qu'une forme particulière. L'usage restreint l'intolérance à une réaction non immune chez un sujet fragilisé par sa constitution. On ajoutera brièvement que si les symptômes de l'allergie peuvent aller des réactions cutanées relativement bénignes au gravissime choc anaphylactique, l'intolérance se manifeste en général dans un premier temps par des troubles digestifs. Enfin, alors qu'une dose même infime d'allergène peut déclencher une crise allergique, les maux générés par l'intolérance sont, eux, fonction de la quantité d'aliment ingéré.

 

Dans le cas du lait, on peut, dans une écrasante majorité des cas, faire la distinction suivante :

 

L'allergène est la protéine (trois protéines en fait). En effet, les protéines de lait de vache (PLV) sont de très grosses molécules constituées de chaines d'acides aminés. Or, seuls ces acides aminés (petites unités) peuvent être correctement absorbés par le tube digestif. Notre organisme dispose donc d'enzymes dont la fonction est de découper (hydrolyser) les protéines en acides aminés. Chez l'enfant, ces enzymes hydrolytiques sont parfois immatures et ne font que partiellement leur travail, laissant ainsi passer dans le sang des chaînes d'acides aminés appelées peptides, certes plus petites que la protéine initiale mais encore trop grosses pour une absorption optimale : c'est alors que débute la réaction allergique.

 

Pour l'intolérance au lait, c'est le lactose qu'il faut incriminer. Le lactose est un sucre composé de deux molécules ; mais là encore, ce n'est que sous forme unitaire que l'intestin peut absorber les molécules de sucre. La lactase, enzyme chargée de scinder le lactose, peut être plus ou moins mature, sécrétée par l'organisme en quantité plus ou moins suffisante... et donc n'accomplir sa mission que plus ou moins bien.

 

Allergie aux protéines de lait de vache, intolérance au lactose, voilà qui permet donc de distinguer deux pathologies dont la genèse est distincte mais dont les chemins peuvent se croiser.

 

Puisqu'elle est due à une immaturité du système digestif, l'allergie aux PLV est principalement présente chez le jeune enfant, qui est sensibilisé dès le premier biberon. Elle disparaît en général aux alentours de deux ans, peut durer jusqu'à cinq, rarement au-delà. Cette allergie apparaît quelquefois dès la naissance par un phénomène de sensibilisation in utero (le lait de vache ingéré par la femme enceinte passe à son enfant).

 

L'intolérance au lactose, elle, est rare au cours des deux premières années de vie. Et même si l'on recense des cas d'intolérance au lait maternel (qui contient lui aussi du lactose) chez des nourrissons dont la lactase est encore immature, c'est habituellement plus tard dans la vie qu'elle apparaît. Soit  de manière transitoire à la suite d'un épisode de gastro-entérite, soit de manière plus durable parce que secondaire à une allergie (on a ainsi constaté que les allergies aux PLV ou au gluten entraînent une intolérance au lactose), soit encore définitivement parce que la sécrétion de lactase par l'organisme diminue avec le temps pour 70% de la population. On note d'ailleurs également une inégalité nord-sud puisque l'insuffisance de lactase touche 40% de la population dans le nord de la France, contre 80% au sud. Autrement dit, le risque d'intolérance au lait s'accroit avec le temps, est plus grand au sud qu'au nord. Si nous avons défini les contours de deux pathologies distinctes, nous allons voir que leurs manifestations, à l'origine différentes, finissent par se confondre.

 

 

Des manifestations qui finissent par se confondre 

 

L'allergie, nous l'avons vu plus haut, peut provoquer une réaction grave du système immunitaire, le choc anaphylactique, potentiellement mortel. Dans le cas de la PLV, elle est heureusement peu fréquente et l'on observe le plus souvent des symptômes qui affectent la peau (urticaire, eczéma...), les voies respiratoires (écoulement nasal, toux...) et le système digestif (vomissements, diarrhées, reflux gastro-œsophagien ...). Or ce sont justement des troubles d'ordre digestif qui, dans un premier temps, caractérisent l'intolérance au lactose. Mais ces ballonnements, diarrhées, constipations, spasmes et reflux engendrent, dans la durée, des problèmes d'autre nature : le reflux persistant est à l'origine d'infections ORL et pulmonaires à répétition (particulièrement chez les enfants); les diarrhées et constipations chroniques favorisent les cystites ; les troubles de la perméabilité intestinale se répercutent sur le foie.

Intolérance et allergie au lait se retrouvent donc sur un même terrain de symptômes et, par là même, de diagnostic et de traitement.

Extrait d’un article du  Dr Jean Michel ISSARTEL et de Ariane CAMUS

 

 

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