Dukan médecin iatrogène
(Iatrogène définition : se dit des manifestations pathologiques dues à un acte médical.)

.
Dukan Médecin iatrogène*
*Iatrogène : se dit des manifestations pathologiques dues à un acte médical.
En novembre 2010, L’agence nationale de sécurité sanitaire (l’ANSES) publiait un rapport sur l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement.
Le résultat de cette expertise est sans appel :
Tous les régimes restrictifs sont inutiles et néfastes pour la santé.
- plus la perte de poids est rapide, plus la reprise qui s’ensuit est importante lors du retour au mode alimentaire habituel du sujet.
- Plus grave encore ! c’est que durant la période restrictive, il apparait un déséquilibre dans l’apport énergétique journalier qui, à terme est :
Responsable de maladies carentielles (liées aux carences en vitamines, minéraux et fibres).
Responsable de maladies de surcharge en rapport avec le déséquilibre macro nutritionnel, toujours présent dans les régimes restrictifs. (Protéines, lipides, glucides).
Le bien être.
En mai 2010, les autorités sanitaires Européennes et françaises établissent la répartition journalière en macronutriments pour être en bonne santé :
-10-15 % de protéines
-35-40 % de lipides
-50-55% de glucides
-25 g de fibres
- 2 litres d’eau par eau
Cette répartition énergétique journalière en trois ou parfois quatre prises alimentaires doit couvrir les dépenses énergétiques de la journée.
- Les protéines : 10- 15% de l’AEJ (apport énergétique journalier)
Á cause des régimes hyper protéinés, on a tendance à confondre protéines avec viandes, volailles et produits de la pêche.
-Or un kilogramme de fruits et légumes contient approximativement 10 grammes de protéines.
-Trois laitages, quantité journalière nécessaire (mais pas suffisante) pour couvrir les besoins en calcium, contiennent entre 9 grammes de protéines pour 300 grammes de yaourt et 21 grammes de protéines pour 300 grammes de petit suisse.
-Enfin les produits amylacés, selon les féculents considérés, contiennent entre 2,5 grammes de protéines pour 100 grammes de riz et 13 grammes pour 100 grammes de flocons d’avoine.
Il apparait donc qu’une consommation journalière de viande, volaille et de produit de la pêche de 200 grammes par jour est largement suffisante dans la majorité des cas.
Mais cette consommation journalière de protéines d’origine animale est absolument nécessaire car les végétaux ne contiennent pas de Vitamine B12 et un régime végétalien (sans viande, ni poisson, ni produits laitiers) est mortel à terme.
Par ailleurs, les poissons gras sont la seule source naturelle de vitamine D.
(La carence en Vitamine D est extrêmement fréquente au sein de la population. Pour y pallier, l’ANSES, après des études aussi sévères que celle effectuées pour la commercialisation de nouveaux médicaments, autorise certains aliments à être enrichis en Vitamine D, ainsi qu’en d’autres vitamines et minéraux)
- Les lipides : 35-40% de l’AEJ.
-Les bonnes graisses sont les graisses insaturées, majoritairement présentes dans les végétaux et les poissons.
-Les viandes et les produits laitiers et fromages contiennent pour moitié des graisses insaturées et des graisses saturées.
Les graisses insaturées devraient représenter la totalité des lipides absorbés au cours de la journée ;
Il est estimé qu’en proportion faible, (moins de 20% de l’apport lipidique), la consommation en graisses saturées ne modifie pas les risques d’apparition de maladies cardiovasculaires.
Il est très difficile de ne pas consommer de graisses saturées,
-car il faut manger des viandes et volailles pour couvrir les besoins en vitamine B 12
-et il faut manger du lait et des produits dérivés du lait pour le calcium qu’il apporte (voir article sur les produits laitiers).
- Les glucides : 50-55% de l’AEJ.
La répartition journalière énergétique recommandée par l’ANSES fait apparaitre que la moitié de nos besoins journaliers sont représentés par les sucres.
Il en existe 4 essentiels dans la nature :
1-Le lactose, sucre des produits laitiers (les fromages ne contiennent pas de lactose)
2-Le fructose, sucre des fruits et légumes, on ne doit pas séparer les fruits des légumes, ils appartiennent au même groupe.
Que l’on mange trois fruits et deux légumes, ou deux fruits et trois légumes au cours d’un même repas, c’est égal. Ce qui importe c’est la variété au sein d’un même repas.
3-Le saccharose (le sucre de table) est présent dans la nature en petite quantité : certains fruits en contiennent plus que d’autres, il s’agit essentiellement des fruits très mûrs utilisés souvent pour la fabrication des compotes.
Mais surtout, on trouve du saccharose en grande quantité dans les produits de transformation naturelle comme le miel et dans les produits de l’agroalimentaire.
4-Les produits amylacés, c'est-à-dire les produits dérivés des céréales, des tubercules et des légumes secs.
Analyse :
- Le lactose n’est pas indispensable, il peut parfois être à l’origine de phénomènes allergiques, mais comme nous l’avons vu, la consommation de laitages est nécessaire pour l’apport en calcium et compléter l’apport en vitamines du groupe B.
- La consommation de fruits et légumes est absolument nécessaire pour couvrir les besoins en vitamines, pour compléter l’apport en minéraux ainsi que pour atteindre les 25 grammes de fibres alimentaires journalières nécessaires, en effet une relation étroite a été établie entre une carence chronique en fibres alimentaires et les cancers du colon.
Un kilogramme de fruits et légumes variés (10 différents comprenant petits pois et banane) n’est pas plus calorique qu’un croissant : 410 kilocalories.
Mais il apporte 10 grammes de protéines, l’intégralité, voire davantage de vitamine C, de vitamine B9, une grande partie des vitamines du groupe B, de la vitamine E, ainsi qu’une quantité non négligeable de magnésium, de calcium (l’équivalent d’au moins deux yaourts) et de fer. Mais surtout un kilogramme de fruits et légumes apporte la quasi-totalité des fibres nécessaires à une bonne santé.
- Les produits amylacés (les féculents) servent à équilibrer les apports aux dépenses énergétiques de la journée.
Leur consommation, dans le cadre dune alimentation diversifiée et variée est donc nécessaire au bien être, surtout chez l’enfant dont le petit déjeuner devrait toujours comporter un produit laitier, un fruit et un produit céréalier.
- Le saccharose, présent en petite quantité dans la nature est le sucre du plaisir que l’on retrouve dans tous les produits manufacturés qui tentent les enfants, (et les adultes).
Incorporé dans le bol alimentaire, au cours d’un repas, et en petite quantité, il ne fera jamais grossir.
Au contraire il peut être bénéfique, car il est souvent associé à des vitamines et minéraux dans des produits de type gâteaux secs ou barres chocolatées.
En revanche, pris trop souvent de manière déraisonnable, surtout entre les repas, le saccharose peut être responsable de l’apparition de maladies comme le diabète ou l’obésité.
5- Enfin, pour être complet, le bien être passe par une consommation journalière d’eau adaptée aux conditions particulières de la journée mais ne devrait, en aucun cas, être inférieure à 2litres d’eau par jour.
La perte de poids.
L’Obésité est une maladie liée à un dérèglement hormonal et génétique.
La perte de poids doit être le résultat d’un retour à un état de bonne santé.
Il apparait clairement que de vouloir perdre du poids à tout prix par des restrictions aboutira à l’apparition d’autres maladies. De plus la restriction alimentaire accentuera les dérèglements initiaux.
C’est en cela que le régime Dukan est iatrogène ! (voir le tableau ci-dessus et l’éloignement de la répartition journalière de l’AEJ du régime Dukan par rapport au triangle de l’AEJ du bien être définie par l’ANSES)
Cette attitude n’est pas compatible avec le serment d’Hippocrate dans lequel il est clairement indiqué que le devoir du médecin est de préserver et de rétablir la santé de son patient.
La répartition journalière du régime Dukan est trop riche en protéines, il est responsable de l’aggravation de la maladie obésité et de l’apparition possible de maladies supplémentaires : .
Quelle est la solution à cette maladie qui touche prés d’un tiers de la population mondiale.
Quelle que soit la méthode employée, elle doit avoir pour objectif
- L’apprentissage d’une alimentation rythmée, diversifiée et variée qui jour après jour permettra à l’individu de retrouver progressivement un équilibre énergétique :
Apports = dépenses., sans carences ni surcharges.
- L’ apprentissage de la gestion du plaisir alimentaire afin que l’excès alimentaire ne se transforme pas en alimentation excessive.
1° Le rythme :
Un rythme à trois repas, avec la possibilité d’un repas de rattrapage pour l'adulte, (indispensable chez l’enfant en période de croissance)
En faisant un « jump » d’un repas à l’autre sans rien manger entre chaque repas.
(Il n’y a pas besoin d’être médecin pour comprendre que l’on ne peut pas perdre de graisse lorsqu’on est en train de manger) !
C’est la base de l’équilibre : il y a un temps pour manger, il y a un temps pour jeuner !
Le grignotage est la principale cause de dérèglement hormonal et génétique conduisant à l’obésité.
2° Une alimentation diversifiée comprenant chaque jour les cinq groupes d’aliments :
(1) fruits et légumes,
(2) laitages,
(3) viandes, volailles, œufs, produits de la pêche,
(4) graisses surtout d’origine végétale
(5) produits amylacés.(féculents)
Les différentes études de l’ANSES sur les apports conseillés en macro et micronutriments ont abouti à mettre en place un indice de diversité alimentaire visant à évaluer les risques d’apparition de maladies en rapport direct avec la nutrition.
La valeur de l’indice de diversité alimentaire correspond au nombre de groupes d’aliments consommés chaque jour.
6 groupes de consommateurs ont été identifiés ;
Allant des gros mangeurs diversifiés (forte consommation de fruits et légumes et apport énergétique faible)
Aux gros mangeurs monotones (surconsommation de boissons alcoolisées, gros consommateurs de fromages, de charcuteries et pomme de terre).
Les consommateurs ayant une consommation alimentaire à forte diversité sont bien évidemment les consommateurs le plus à l’abri des maladies de carentielles.
L’obésité et les carences touchant préférentiellement les gros mangeurs monotones.
En résumé, la diversité alimentaire journalière est une condition incontournable pour perdre du poids; peut être plus lentement mais en accord avec un état de bien être.
3° Une alimentation variée.
Il est aisé de comprendre que si l’on ne mange que des carottes il n’y aura pas de carence en vitamine A mais il y aura des carences en vitamine B9 et que si l’on ne mange que de la salade verte on n’aura pas de carence en vitamine B9 mais on aura des carences en vitamine A.
La variété alimentaire est donc définie comme étant la consommation de différents aliments appartenant au même groupe alimentaire répartie sur les trois repas.
Dans ces conditions, la perte de poids dans l’équilibre se fera en changeant les caractéristiques nutritionnelles, semaine après semaine, tout en restant dans les normes de bien être définies par l’ANSES : 10-15% de protéines, 35-40% de lipides, 50-55% de glucides ;
La perte de poids suivra ce retour à un état de bonne santé.
Pour peu que l’on ne confonde pas les repas festifs, eux aussi nécessaires, avec une alimentation excessive.
4° Conclusion
L’idée de vouloir perdre du poids à tout prix sans discernement en disant que l’on fera ensuite une phase de stabilisation est aujourd’hui la cause principale de l’obésité .
Malheureusement cette idée est toujours présente dans l’esprit des personnes en surpoids et profite aux marchands de régimes restrictifs qui sont de véritables dangers pour la santé individuelle et collective.
La bonne méthode est , à l’inverse, de rétablir un état de bonne santé, la perte de poids suivra peut être plus lentement mais de manière définitive.
article écrit par le docteur Gilles Demarque
Partager cette page
- Yom Kippour 2010
- Nutrition et Ramadan 2011
- Le goût
- Le plaisir sensoriel
- régime alimentaire des vacances d'été
- Retour de vacances
- Les lipides
- Sevrage tabagique. Comment limiter la prise de poids?
- Ramadan 2010
- L'obésité d'aujourd'hui annoncerait elle la famine de demain ?
- Les compléments alimentaires. Comment en sommes nous arrivés là?
- Pèse-personne classique ou balance à impédancemétrie ?
- Dukan médecin iatrogène




