L'obésité d'aujourd'hui annoncerait elle la famine de demain ?
Et si la vague d’obésité annonçait le tsunami de la famine ?
l’Obésité et ses conséquences socio-économiques frappent de plein fouet les sociétés industrialisées :
2 milliard et demi d’êtres humains sont en surpoids ou dans l’obésité alors que 850 000 personnes dans le monde souffrent de malnutrition .
Et les scientifiques du monde entier se posent la question :
Comment va-t-on nourrir les neuf milliards d’êtres humains qui peupleront la Terre en 2050 ?
Le 25 mars dernier, les spécialistes transdisciplinaires du Groupe de Concertation entre Académies des Sciences de la Vie et de la Santé ( GCASVS) se sont réunis autour du thème : Aliments de demain et santé.
Les solutions rationnelles passent par :
En effet aujourd’hui la consommation de viande augmente régulièrement, et par là même un accroissement très important de la demande en céréales pour l’alimentation animale, à raison de +2% par an.
Ce qui est responsable d’une concurrence alimentaire homme-animal.
Si tous les êtres humains ne consommaient que de nourritures d’origine animale, seuls 2,1 milliards pourraient survivre.
« Si tout le monde s‘alignait sur le modèle français, qui est riche en protéines animales, la terre ne pourrait nourrir que quatre milliards d’individus, soit moins que la population mondiale actuelle. »
Indique Pierre Cambris, directeur de recherche à l’INRA et Hervé le Bras directeur d’études à l’institut national d’études démographiques.
Se retourner vers les produits de la pêche et de l’aquaculture semble être une gageure.
Les flottes pêchent deux à trois fois ce que la mer peut donner.
L’aquaculture pose le même problème de l’alimentation des espèces d’élevage, en particulier pour les espèces carnassières :
il faut quatre kilos de poissons pour produire un kilo de saumon !
Les aliments d’origine aquatique représentent aujourd’hui environ 15% de la ration moyenne de protéines animales consommées et peuvent atteindre 50% dans certains pays d’Extrême Orient.
Le Professeur Philippe Gros membre de la direction de la prospective et de la stratégie scientifique de l’Ifremer a rappelé « que l’avenir de la pêche et de l’aquaculture est lié aux changements environnementaux planétaires écologiques, économiques et sociaux » ce qui finalement nous laissent dans l’expectative et l’incertitude.
- La solution céréalière;
Si tous les êtres humains étaient végétariens, on pourrait nourrir 12,7 milliards d'individus.
La solution semble passer par une consommation moins riche en protéines animales au profit d’une consommation de protéines issues de légumineuses et de céréales, tout en rééquilibrant la source de protéines animales entre les différentes espèces.
La FAO ( Food and Agriculture Organization) a indiqué que pour nourrir neuf milliards d’êtres humains, il faudrait augmenter de 70% la production agricole.
Cela passerait par « des progrès en matière de génétique, un développement de l’irrigation, une augmentation de l’utilisation de l’engrais et une meilleure protection des cultures. » souligne André Neuveu , membre de l’académie d’agriculture de France.
Alors Alimentation Bio (AB) ou alimentation conventionnelle (AC) ?
Les aliments dits biologiques ne présentent pas d’avantages nutritionnels particuliers comparés aux aliments issus de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement comme semble le souligner le DR Leon Guéguen directeur de recherche honoraire de l’INRA.
En revanche la rentabilité de la production Bio est nettement plus faible que celle de la production alimentaire conventionnelle.
Alors doit on sacrifier les générations futures pour le plaisir de notre palatabilité, tant il est vrai que le goût des aliments Bio est différent, Finalement n’est ce pas une question de mode qui trouve sa justification dans l’état d’esprit actuel : écologie à tout prix !
Ce qui est sur c’est que le Bio n’est pas viable à long terme dans l’environnement démographique actuel car le développement d’une telle industrie agroalimentaire va à contre sens du bon sens !
La solution pour éviter la famine qui guette l’humanité de demain passe par toutes les méthodes fiables qui accroitraient le rendement de la production agricole à l’hectare, et dans ce cadre, » les plantes génétiquement modifiées semblent présenter des atouts significatifs » , explique le Dr Bernard le Buanec, membre de l’académie d’agriculture.
Les recherches en la matière sont prometteuses
Certaines variétés de riz permettent déjà de réduire de 10% les pertes dues aux insectes foreurs.
Les plantes sont génétiquement modifiées pour améliorer la qualité de leurs acides gras, leur digestibilité, supprimant les allergènes ou les substances toxiques. Elles pourraient contribuer à réduire les déficiences nutritionnelles actuelles dont près de 50% de la population mondiale est atteinte. « Certaines espèces de riz doré accumulent du ß carotène dans leur endosperme » révèle le Dr le Buanec ; d’autres plantes comme les sojas modifiés produisent davantage de précurseurs des omégas 3. Certaines espèces de manioc modifié contiennent moins de composés cyanogènes.
Préserver l’avenir
« Si aujourd’hui nombre de maladies sont étroitement liées à l’alimentation, en particulier l’obésité, il s‘agit plus d’une inadaptation des apports alimentaires en regard de la sédentarité ; » fait remarquer le Pr Jacques Bringer du pôle endocrinologie du CHU de Montpellier reprenant par là les mots que Carl Orlof Astrand a prononcé il y a plus de cinquante ans.
La politique nutritionnelle à moyen et à long terme semble promouvoir toutes les techniques qui accroitront la rentabilité agricole associé à un changement radical de nos habitudes alimentaires au profit des protéines végétales.
L’industrie agroalimentaire œuvre depuis plus de vingt pour améliorer la qualité sanitaire des produits alimentaires grâce à leurs laboratoires où la science vient au secours de l’aliment.
Et finalement, nous serons bien obligés de sacrifier la diversité au détriment de la nécessité.
Peut être qu'alors le monde deviendra plus raisonnable et goutera enfin au plaisir d’une gastronomie qui, devenant rare, n’en sera que plus agréable.
Réflexion du Dr Gilles Demarque sur un article d'Alice Benoît
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