Pèse-personne classique ou balance à impédancemétrie ?


 

 

La technique d’impédancemétrie permet  de définir la répartition entre masse maigre (muscles, os et organes) et  masse grasse (triglycérides du tissu adipeux) lors de la pesée..

L’impédancemétrie a le vent en poupe, le marché des balances à impédancemétrie est florissant, chaque marque y va de ses particularités plus ou moins sophistiquées.

Il en existe même certaines qui proposent,  par connexion wifi, un suivi de son poids, de sa masse grasse et de son IMC sur son ordinateur ou sur son Smartphone. (Withings).

D’autres proposent la gestion de douze utilisateurs différents  (White and Brown).

 

Fiabilité des balances à impédancemétrie.

La norme AFNOR : XP E12- 020 labélisée  NF398 garantie la qualité et la fiabilité du produit.

Pour obtenir cette certification  les critères de sélection sont sévères :

  • Précision de la mesure du poids (c’est bien ce que l'on demande à une balance), 
  • Test d’endurance,
  • Validité de la mesure d’impédance
  • Validation de l’étalonnage de l’appareil sur la population désignée comme cible.

Seuls Tanita et Téfal possèdent actuellement ce label  NF 398.

Toutefois, les mesures  d’impédancemétrie sont très sensibles et peuvent être perturbées par des ondes électromagnétiques (téléphones portables).

L’usage de ce type de balance est déconseillé aux femmes enceintes et aux porteurs de stimulateurs cardiaques.

La marge d’erreur des mesures est généralement de l’ordre de 1% .

Les mesures sont  remises en cause chez les enfants de moins de 100cm.

 

Limite des balances à impédancemétrie.

Pour le grand public, qui ne l’utilisera qu’une fois par semaine (pour les "accros" du poids, souvent une fois voire plusieurs fois par jour), les résultats fournis par les balances labélisées NF398 seront certes  fiables au moment de la pesée.

Mais le suivi dans le temps augmentera la marge d’erreur, car d'une pesée à l'autre le degré d’hydratation ne sera pas le même, il variera selon l’heure et la composition du dernier repas, de la dernière prise de boisson et de sa quantité. Par ailleurs les résultats seront fonction du transit intestinal, du degré de remplissage du colon, voire de celui de la vessie.

 

Elles n’ont pas leur place dans les cabinets médicaux des nutritionnistes et des diététiciens, car le nombre de pesées journalières  dans un cabinet est trop important pour la fiabilité d’une  telle balance.

Les professionnels de santé doivent utiliser des balances agrées par le Laboratoire national de métrologie et d’essais.

La nouvelle norme ISO 13485 sert de référence de certification pour le matériel de pesage médical.

Seules quelques rares balances à impédancemétrie possèdent cet agrément comme la TANITA B 418 MA et peuvent donc  être utilisées par les professionnels.

Cela fera chic dans un cabinet médical, mais pour les raisons décrites ci-dessus, finalement l’interprétation des résultats obtenus finiront par embarrasser le praticien s’il est amené à expliquer une contradiction (fréquente) entre  le suivi des résultats de l’impédancemétrie et la courbe de perte de poids.

Autant de raisons pour ne pas se laisser abuser par « les chiffres », La balance n’est pas votre miroir !

 Il est déjà assez difficile d’interpréter une simple pesée en fonction de l’heure et de l’état physiologique du sujet.

 

Conclusion

Si en théorie, les  mesures  d’impédancemétrie ISO 13485 restent fiables  pour le professionnel, si les balances à impédancemétrie labélisées NF 398  peuvent être utiles pour les personnes désireuses de perdre du poids, elles  risquent d’aggraver « le syndrome de la balance »  bien connu des nutritionnistes et de masquer le véritable  travail qui est de trouver un équilibre alimentaire.

Article écrt par le Dr Gilles Demarque

 

 

 

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