Régime alimentaire et sevrage tabagique



Le tabac fait artificiellement baisser le poids des fumeurs en diminuant l'appétit et en accélérant le métabolisme, donc la consommation d'énergie.

 

A l'arrêt du tabac ces 2 effets disparaissent et l'ancien fumeur retourne au poids normal d’un non-fumeur de son âge et de son sexe, augmenté par le grignotage compensatoire de la gestuelle tabagique.

La prise de poids peut atteindre des sommets, parfois plusieurs dizaines de Kilos, surtout si l'on n'est pas à sa première tentative!

Cette prise de poids ne concerne que deux fumeurs sur trois et est d'autant plus grande que la consommation de cigarettes était importante.


Les effets de la nicotine sur le poids

La nicotine favorise la lipolyse (libération des graisses) et diminue la lipogénèse (processus métabolique qui consiste à fabriquer et à stocker  les graisses  sous forme de triglycérides dans les cellules graisseuses). Elle augmente la dépense énergétique générale : 30 cigarettes par jour engendrent une dépense de 300 calories en moyenne. Pour une même action, le corps du fumeur va brûler plus de calories.

La nicotine diminue la sensation de faim, l'appétit est freiné.

 

L'effet du tabac sur le régime alimentaire

L'alimentation du fumeur est différente de celle d'un non-fumeur.

Le régime alimentaire est généralement riche en graisses saturées et en sel, et pauvre en fibres et en micronutriments.

La masse musculaire des fumeurs est plus importante et ils manifestent un besoin accru en protéines. Si la viande est la source principale de protéines (manger du poisson au moins deux fois par semaine est recommandé), elle apporte également quantité de lipides saturés. Souffrant d'une perte du goût et de l'odorat, le fumeur aime les plats en sauce, la charcuterie, le pain blanc, les frites. Il consomme deux fois plus de sel qu'un non-fumeur. Le fumeur mange peu de légumes et de fruits qu'il trouve sans saveur.

Le fumeur est également un grand consommateur d'alcool, en partie à l'origine d'une augmentation des prises énergétiques.

Enfin, le fumeur consomme plus de café et de thé qu'il sucre davantage. Il élimine deux fois plus vite la caféine.

Tous ces choix alimentaires augmentent l'effet nocif des composants de la fumée sur les risques de maladies cardiovasculaires et de cancers.

 

Le sevrage tabagique

Aujourd'hui, lea lutte contre le tabagisme a engendré de multiples méthodes pour aider le patient à arrêter son addiction: médicaments, subsitutifs, sous forme de patchs, de gommes... l'hypnotérapie, l'accupuncture.....

La disparition de la dépense énergétique induite par la nicotine explique environ 40% de la prise de poids. Les 60% restants proviennent de l'augmentation de la prise alimentaire.

 L'arrêt du tabac est frustrant et augmente l'appétit. Les fringales fréquentes s'accompagnent de pulsions sucrées. Les portions de repas sont plus grandes, le grignotage s'installe à chaque envie de cigarette, accentué par l'usage retrouvé, quelques semaines après l'arrêt du tabac du goût et de l'odeur. Ces sensations de plaisir retrouvées compenstoires mais éphémères stimulent l'appétit chez presque tous les anciens fumeurs.

A l'arrêt du tabac, la diminution des dépenses énergétiques due à la nicotine est estimée à 200 calories par jour chez une personne modérément active. Quant à l'augmentation de la prise alimentaire, elle se situe autour des 300 calories. C'est donc contre un excédant quotidien de 500 calories que l'abstinent va devoir lutter. La prise de poids est progressive dans les mois qui suivent sur une durée d'environ 1 an.Elle est environ de 3 à 4 kilos. Elle est aussi influencée par l'âge (après 50 ans, la prise de poids est plus forte), la ménopause, les habitudes alimentaires, l'activité physique, les médicaments, etc.

La prise de poids spontanée au cours des deux premières semaines de sevrage donne une bonne indication sur le nombre de kilos en plus à attendre.


 Conclusion

La prise de poids après l'arrêt du tabac est donc quasi inévitable. Une décision de ce type devrait logiquement entrainer une consultation nutrionnelle.

 

Article ècrit par le Dr Gilles DEMARQUE

Partager cette page