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Régimes et ménopause

Selon une étude européenne récente évaluant l’incidence des événements hormonaux sur les variations de poids, la ménopause arrive au second rang après la grossesse : 44 % des européennes disent avoir pris du poids (en moyenne 7 à 8 kg) au moment de la ménopause.



Le traitement hormonal substitutif n’entraîne pas de prise de poids et n’aggrave pas la prise de poids très fréquente à cette période. Ce type de traitement doit être bien toléré et ne pas entraîner de sensations de gonflements ou de rétention d'eau ou de tension douloureuse des seins. Le médecin dispose d'une vaste gamme de produits permettant des traitements sur mesure et adaptée à chaque femme.



Plusieurs études montrent d'ailleurs que la prise de poids et les modifications de la silhouette sont moins importantes chez les femmes traitées que chez les autres. Cependant, avec ou sans traitement, la prise de poids est très fréquente au moment de la ménopause et vous devez toujours rester vigilant.



> Pourquoi prend-t-on du poids au moment de la ménopause ?



Entre 20 et 50 ans, une femme prend en moyenne 11 kilos. Mais de nombreuses femmes constatent en plus à la ménopause un problème de prise de poids soudaine et parfois difficile à contrôler alors qu'elles n'ont pas modifié leur alimentation.



Les kilos qui apparaissent ne s'installent pas aux mêmes endroits en fonction de l'âge. Avant 40 ans, les prises de poids concernent surtout la partie inférieure du corps, les cuisses et les fesses. A partir de la ménopause, les kilos s'installent également au niveau de l'abdomen, autour de la taille. Compte tenu de l'espérance de vie actuelle, les femmes vivent 30 ans après la ménopause. Pour se sentir bien dans son corps pendant toutes ces années à venir, il faut donc mettre tous les atouts de son côté.



Les oestrogènes sont en baisse



Les hormones féminines, les oestrogènes, ont un effet anabolisant : elles favorisent la production de masse musculaire. Lors de la ménopause, la diminution de la sécrétion d'oestrogènes entraîne une augmentation spontanée de la masse grasse et une diminution de la masse musculaire.



Une femme perd en moyenne 50 % de sa masse musculaire entre 20 et 80 ans. Il est nécessaire de s'occuper de ses éventuels problèmes de poids avant la ménopause pour ne pas se trouver pris dans le cercle vicieux des kilos en trop.

  • S'occuper de son poids très tôt

    En cas de surpoids (30 % des femmes entrent en ménopause avec un problème de surpoids), mieux vaut le traiter avant l'entrée en ménopause. Deux raisons à cela : d'une part, les écarts alimentaires passant inaperçus à 20 ans ne sont plus pardonnés à 50 ans. D'autre part, il est plus difficile de perdre des kilos superflus quand on avance en âge. Alors, quand les modifications hormonales de la ménopause s'en mêlent, perdre du poids relève vraiment d'un gros effort. Il faut apprendre les bonnes habitudes (vis-à-vis des graisses, du sucre, du grignotage) avant la ménopause et trouver un bon équilibre alimentaire afin de pouvoir le maintenir durablement.


  • Eviter le grignotage

    La ménopause influence la façon dont la plupart des femmes se sentent sur le plan physique et émotif. Les petits travers, les troubles comportementaux alimentaires se trouveront amplifiés. Celles qui grignotent grignoteront plus, celles qui sont plus ou moins boulimiques se jetteront sur les biscuits, le fromage... Si c'est le cas, demandez l'aide d'un médecin nutritionniste avant la ménopause, afin de perdre ces penchants, souvent sources de prise de poids donc de désagréments à partir de 50 ans.

Les besoins énergétiques diminuent



La consommation énergétique corporelle dépend de la masse musculaire. Si la masse musculaire diminue, ce qui se produit chez le femme ménopausée qui n'a pas modifié son comportement, les besoins énergétiques diminuent également : les femmes constatent alors qu'elles prennent du poids sans avoir modifié leur alimentation. Pour que le bilan global consommation / alimentation reste équilibré chez la femme ménopausée, il est essentiel de favoriser le développement de la masse musculaire au détriment de la masse grasse. Or, il n'existe qu'une seule solution pour fabriquer du muscle : bouger et faire du sport.



Le rôle du calcium



Il est aussi fondamental de préserver les apports de calcium pour lutter contre l'ostéoporose. L'alimentation de la femme préménopausée (à partir de 40 ans) doit lui apporter 1 g de calcium par jour (soit 1 litre de lait par jour ou 4 laitages type yaourts). La femme ménopausée doit recevoir 1,2 g de calcium quotidien, soit 5 laitages. Pour éviter les excès lipidiques, consommez du lait et des laitages allégés, qui contiennent autant de calcium mais moins de lipides que les mêmes aliments à base de lait entier.



Le conseil du Dr Demarque



Il est important, dès la préménopause, de consulter un médecin nutritionniste qui évaluera votre alimentation présente et la modifiera en fonction de vos préférences alimentaires et de vos habitudes de vie, soit dans un but de perte de poids ou dans le but de prévenir un gain de poids.



> Faire 2 heures de sport par jour



En règle générale, on ne constate pas de grosse déperdition du capital musculaire avant 40 ans, mais cette déperdition s'amorce ensuite pour s'intensifier chez la femme ménopausée. C'est pourquoi il est essentiel de s'accorder et de s'habituer à 2 heures de sport hebdomadaires dès l'âge de 40 ans. D'autant plus que certaines femmes ont des ménopauses précoces. Pour rester en forme et limiter la prise de kilos superflus à partir de 50 ans, il est indispensable de pratiquer au moins 2 heures de sport d'endurance par semaine. De plus, ces 2 heures doivent être réparties en 2 séances d'1 heure au moins, car c'est seulement à partir d'une demi-heure qu'une activité physique adaptée permet de faire fondre la masse grasse pour reconstituer du muscle. Dix minutes d'abdominaux tous les matins sont certes très positifs pour les abdos mais ne résoudront aucun problème de poids.



Pratiquez la marche rapide, la natation, le vélo, le cardio-training en salle de gymnastique (vélos, rameurs...) ou le footing, même très lent pendant une durée suffisante (on peut courir à 5km/heure pendant 1 heure). Les activités intensives non violentes (2 heures de jardinage par exemple) sont aussi adaptées, même si elles ne sont pas considérées comme des activités sportives classiques. En revanche, tous les sports violents comme le tennis ou l'aérobic vous maintiendront en forme, certes, mais ne permettront pas de recréer de la masse musculaire.